Exercices et Participation Maritimes : Une Vision Globale

Exercice Croix du Sud 2025 : Sécurisation Maritime en Nouvelle-Calédonie

Du 21 avril au 3 mai 2025, le Shom (Service hydrographique et océanographique de la marine) a participé à l’exercice interallié Croix du Sud 2025, organisé par la France depuis la Nouvelle-Calédonie.

Le rôle du groupement océanographique du Pacifique (GOP) du Shom était de garantir l’accès maritime à l’île pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Pour cela, le GOP a sécurisé le chenal menant au port de commerce de Mata Utu, unique point d’entrée maritime de l’île.

Grâce à une transmission en temps réel des résultats, la carte marine a pu être mise à jour sans délai au profit des forces armées. La bathymétrie a révélé un environnement complexe, parsemé de patates de corail et de tombants abrupts.

Les résultats ont pu être présentés au préfet de Wallis. Cet échange a permis d’identifier les besoins futurs en hydrographie, en lien avec les projets portuaires et les enjeux d’accès au lagon Nord en cas de crise.

Pendant la présence du GOP à Wallis, des échanges ont eu lieu avec une classe du collège de Tessi, dans le cadre du lien armée-jeunesse.

Devant l’ampleur du sinistre simulé, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS SOI) renforce son organisation et une équipe d’évaluation, à bord de l’OSIRIS II, est héliportée sur le navire en détresse, sur proposition du commandant de zone maritime, pour évaluer les risques.

Cet exercice a impliqué le Service départemental d'incendie et de secours, la Marine Nationale, le pilotage du grand port maritime, des médecins et infirmiers, ainsi que plusieurs acteurs privés.

Cet exercice vient confirmer les acquis d’un exercice papier effectué en mai 2024, dans une stratégie de progressivité de l’entraînement du dispositif.

Schéma de la sécurisation d'un chenal maritime et de la mise à jour d'une carte marine.

Exercice Sea Border 2025 : Coopération Maritime en Méditerranée

Des bâtiments des marines du Maroc, de la Tunisie, de l’Italie et de l’Espagne se sont réunis à Toulon la semaine dernière dans le cadre de l’exercice Sea Border, qui se déroule en Méditerranée.

Coorganisé par la France et le Maroc, Sea Border 25 a débuté par une phase à terre à partir du 10 juin et se poursuit en mer jusqu’au 20 juin.

Cet exercice opérationnel rassemble 8 pays (Espagne, France, Italie, Malte, Mibye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) de l’initiative « 5+5 Défense », un forum de coopération multilatérale entre les deux rives de la Méditerranée occidentale.

L'initiative « 5+5 Défense » réunit cinq pays de la rive Nord et cinq autres de la rive Sud, avec en plus de ceux participant à Sea Border l’Algérie et le Portugal.

Créée en 2004 dans le prolongement du dialogue 5+5 lancé en 1990, cette initiative « constitue un instrument visant à renforcer le dialogue et la compréhension mutuelle des États membres par la promotion d’activités pratiques de coopération et le partage d’expérience. Elle est notamment utilisée pour faciliter les réflexions portant sur les enjeux stratégiques communs », explique la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère français des Armées.

Les activités s’organisent autour de quatre domaines : la surveillance maritime, la sûreté aérienne, la contribution des forces armées à la protection civile, ainsi que la formation et la recherche.

Sea Border s’intéresse particulièrement au domaine de la surveillance maritime et a pour objectif, souligne la préfecture maritime de Toulon, de « renforcer la coordination et l’interopérabilité des forces navales autour des enjeux de sécurité maritime en Méditerranée ».

Participent notamment, à cette édition 2025, le Mohammed V, l’une des deux frégates marocaines du type français Floréal. Il s’agit d’un bâtiment de 93.5 mètres de long et 2850 tonnes de déplacement à pleine charge mis en service en 2002.

La France a de son côté engagé un bâtiment de soutien et d'assistance métropolitain (BSAM), une unité dont le nom est rendu anonyme par la Marine nationale pour rendre plus difficile son identification. Deux exemplaires de ces BSAM sont basés à Toulon.

Photo de la frégate marocaine Mohammed V lors de l'exercice Sea Border.

Exercice Mosi-3 "Volonté de Paix 2026" : Sécurité Maritime en Afrique du Sud

L'exercice naval Mosi-3, dirigé par Pékin, a débuté ce vendredi 9 janvier dans les eaux sud-africaines, avec les participations russe et iranienne. Il rassemblerait également des pays des BRICS+.

Au programme : des "opérations conjointes de sécurité maritime" et l'envoi d'un "message stratégique" à l'Occident et aux États-Unis.

L'exercice naval Mosi-3 a été rebaptisé "Volonté de paix" (Will for Peace), une dizaine de jours à peine avant sa tenue. Il a lieu tous les deux ans et durera cette année du vendredi 9 au vendredi 16 janvier.

Son objectif : mener des "actions conjointes pour assurer la sécurité du transport maritime et des activités économiques maritimes".

La participation de l'Iran à cette édition est une première. Les forces navales de Téhéran vogueront aux côtés de celles de la Chine et de la Russie.

L'Afrique du Sud, pays hôte, a également annoncé la participation de membres des BRICS+, dans un communiqué publié le 30 décembre. La participation des dix pays du "Sud global", parmi lesquels le Brésil, l'Indonésie, l'Inde, l'Égypte ou l'Éthiopie, tiendrait plus de l'effet d'annonce, car ce sont bien la Chine, la Russie et l'Iran qui forment le gros de la flotte présente.

Les forces navales russes seront représentées par une corvette Stoikiy, transportant à son bord un hélicoptère, ainsi qu'un pétrolier ravitailleur.

Pékin a envoyé deux bâtiments : un destroyer lance-missile de type 052DL Tangshan, disposant d'une coque allongée lui permettant d'accueillir un hélicoptère naval, ainsi qu'un navire de ravitaillement de type 903A Taihu. Ce dernier navire transporte de l'eau, des vivres et du carburant et permet aux navires d'une flotte de fonctionner de manière autonome sur de longues périodes.

La marine iranienne déploie sa 103e flottille, issue de la Marine de la République islamique d’Iran (IRIN / Nedaja), la marine régulière.

Carte montrant la localisation de l'exercice naval Mosi-3 dans les eaux sud-africaines.

Un Message Stratégique et Géopolitique

"Will for peace 2026" est "d'abord un signalement", affirme un haut gradé français. Cet exercice, prévu sur une seule semaine, est perçu comme une stratégie de communication visant à envoyer un message stratégique et à montrer la capacité de projection de ces nations.

L'exercice souligne le "vif intérêt" de ces nations à marquer leur "présence dans les eaux du cap de Bonne-Espérance", aux jonctions des océans Indien et Atlantique. Cette route est considérée comme plus "fiable" par les multinationales, qui souhaitent éviter la mer Rouge.

Les attaques menées par les rebelles yéménites Houthis dans la mer Rouge depuis le territoire qu'ils contrôlent ont augmenté depuis la guerre à Gaza, les Houthis disant s'en prendre aux alliés d'Israël. Les nationalités des navires visés n'ont pas toujours de lien avec le pays.

Ces attaques représentent une menace pour le commerce international, qui préfère emprunter le trajet plus long mais plus prudent du Cap de Bonne-Espérance.

Le changement de nom de l'exercice pour "Will for Peace" est interprété comme une réponse implicite aux actions américaines. Alors que les États-Unis utilisent la force contre des nations du Sud, comme le Venezuela, cet exercice affiche un message d'unité et de paix.

Exercice Polaris 25 : Préparation au Combat Moderne

Avec plus de 3 000 militaires français et étrangers déployés, Polaris 25 est un exercice de grande ampleur pour la Marine nationale, tant par la densité des entraînements que par l’ensemble des militaires engagés.

L’exercice poursuit une logique de combat depuis les bases navales jusqu’à la haute mer, dans des conditions réelles. Le scénario permettra de se préparer aux spécificités du combat moderne, multimilieux et multichamps, alliant les aspects terrestre, maritime, aérien, cyber, les fonds marins, le cyberespace, l’espace, la guerre électronique et le champ informationnel.

Cette première édition en Atlantique se distinguera par sa durée et sa complexité.

Le concept Polaris, lancé en 2021, traduit la vision stratégique du général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées, de « gagner la guerre avant la guerre et d’être prêt à s’engager en haute intensité ».

Infographie présentant les différents domaines couverts par l'exercice Polaris 25 (terre, mer, air, cyber, espace, etc.).

Contexte Géopolitique et Flux Maritimes

En mer des Caraïbes, les États-Unis ont massé une véritable armada depuis la fin du mois d'août 2025. Washington a frappé plusieurs embarcations appartenant à de soi-disant narcotrafiquants vénézuéliens et imposé un blocus aux pétroliers sanctionnés transportant du pétrole iranien ou vénézuélien.

Les tensions avec le Venezuela ont culminé avec la capture, samedi 3 janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro. Le président américain Donald Trump dit alors "gérer" le pays et soutient ne pas avoir "besoin du droit international" car ne cherchant "à faire mal à personne". Le président américain revendique une politique "Donroe", dont l'objectif est la domination de l'hémisphère occidental.

La présence de la Chine, de la Russie et de l'Iran dans le sud de l'océan Indien leur permet de montrer leurs muscles dans cette zone stratégique, chacun avec ses propres motivations.

⚓️ La mer et les politiques publiques : les enjeux de défense et de sécurité (3/5)

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